Les dompteurs de technologie
La technologie c’est l'outil ; la méthodologie c’est le mode d’emploi
Il y a ceux qui arrivent à la gare avec un e-mail imprimé de trois pages de la SNCF et d’autres qui posent simplement leur téléphone sur la borne.
Deux manières d’accéder au train, grâce à deux outils différents : un, plus contraignant et plus polluant, l’autre plus efficace mais plus complexe.
Ma grand-mère vivait à la campagne et n’a jamais eu ni voiture ni permis. Comment faisait-elle ? Car aujourd'hui en province, et surtout en campagne, tout le monde a - doit avoir - une voiture et donc tout le monde a le permis de conduire.
Un outil (la voiture) et son mode d’emploi (le permis de conduire) représente la technologie la plus imposante du 20ème siècle, et pourtant personne ne viendrait contester sa nécessité malgré son étonnante complexité… ou plutôt si. Aujourd’hui on demande encore plus complexe, une nouvelle version qui serait : électrique, sans chauffeur, plus petite, moins rapide, plus sûre, etc. On arrête pas le progrès … si facilement.
Un outil et son mode d’emploi pour quoi faire ?
C’est finalement très rapide de s’habituer à un outil, quelle que soit sa complexité : le feu, la roue, l’imprimerie, le téléphone, le smartphone et la voiture… Et en général, il n’est pas possible de faire machine arrière. Il y a pourtant des outils qui ont plus de mal à s’imposer, ils ont pourtant été créés pour nous faciliter la vie de tous les jours, particulièrement dans notre travail. Mais ce sont souvent des outils imposés, que ce soit par l’entreprise ou par l’Etat. Ne pas les avoir choisi induit immédiatement un sentiment de rébellion : “je ne changerai pas mes habitudes de travail”.
Pourtant, faire plus de choses, plus vite et de manière plus confortable est l’objectif de tous les outils humains, également dans le travail. Tous les jours nous nous rendons dans notre entreprise, et nous faisons des tâches. Celles-ci nous prennent une bonne partie de la vie ; nous les réalisons sans nous préoccuper si nous pourrions améliorer notre confort, la vitesse et l'efficacité de ce travail. Combien de temps passe-t-on à envoyer des e-mails, à recopier des textes, à monter des schémas ou à compter…?
Combien d’outils utilisons-nous et pour faire combien de tâches ?
Le progrès humain est constant, les outils ne cessent d’évoluer, et depuis la dématérialisation de ceux-ci, l’accélération de l’évolution est encore plus forte. On appelle cela : l’informatisation du travail et plus largement de la société. Avec l’IA, la facture électronique ou encore les services de l’Etat concentrés sur le Web, les citoyens sont complètement dépassés. Et pourtant, il faudra bien s’adapter, comme on s’est adapté à la voiture pour vivre en campagne et à l’application de la SNCF pour valider son billet de train.
Nous ne pouvons pas nous laisser dominer par toute cette technologie, et pour garder la tête froide, tout en évoluant avec le monde, il nous faut faire des choix. Et les bons choix ne peuvent se faire qu’en connaissance de cause.
Il faut savoir de quoi il retourne quand un conseiller en informatique parle du cloud, de software open source, d’un assistant IA ou encore de souveraineté numérique.
Savoir choisir l'outil, le dominer, savoir en prendre soin, adapter son outils à son travail… c’est le propre du bon artisan, du vrai professionnel. Que ce soit un ciseau à bois ou un logiciel, c’est la même chose. Mais curieusement, le logiciel nous paraît plus complexe et on pense que c’est à lui de faire tout le boulot. Si le ciseaux ne sculpte pas tout seul, le logiciel non plus ne calcule pas par lui-même ! Même une IA, qui soit disant résout tout, a besoin d’un humain pour la guider, lui apprendre à travailler, en d’autres termes, lui donner le mode d'emploi.
Il y a toujours besoin de quelqu’un pour vous enseigner le métier ou pour vous montrer comment utiliser l’outil
Nombre de logiciels sont dits ergonomiques ou encore intuitifs. Ils essayent d’éviter l’apprentissage ; et certains effectivement y réussissent : on les télécharge et on est capable de les utiliser dans la seconde. Mais ces logiciels, pour être utilisés sans apprentissage, sont soit la copie d’autres systèmes qui nous ont été enseignés, soit ils sont éminemment simplistes, c'est-à-dire qu’ils résolvent des tâches basiques. Hors le professionnel, par définition, est celui qui accomplit des choses en rapport avec sa spécialité, des choses que ne peuvent pas accomplir les gens qui ne sont pas du métier, des choses complexes.
Le logiciel professionnel, ou l'utilisation de logiciel dans le cadre du travail, sont donc par définition complexes. Et si ce n’est pas l'outil lui-même qui est difficile à utiliser, c’est sa mise en relation avec le reste des flux de l’activité, c'est-à-dire la méthodologie. C’est souvent la méthode d’utilisation qui nous semble difficile à appréhender car elle choque avec notre méthode de travail traditionnelle.
En règle générale, bon nombre de professionnels s’affranchissent de cet apprentissage ou de cette organisation dans laquelle on optimise l’humain avec la machine dans une organisation cohérente. Ce qu’il se passe le plus souvent c’est que les gens improvisent, s’arrangent, inventent et bonant malant résolvent le travail qu’il leur est demandé. Une grande partie d’entre eux, qui ont investi dans un logiciel abandonne rapidement son utilisation faute d’accompagnement - humain - pour implanter correctement l’harmonie entre la nouvelle méthode, la machine et les collaborateurs.
Qu’on ait réussi ou non à informatiser, le travail sera fait. Mais à quel prix ! Combien de temps perdu, de stress, de choses à résoudre sans relation avec le métier… Et tout ça, parce que l'outil fonctionne mal, ou qu’on ne sait pas s’en servir, ou simplement qu’il est mal adapté. C’est comme acheter une voiture sans avoir le permis : c’est possible de s’en servir, mais de la même manière, à quel prix !
Nous ne vendons pas de logiciel, nous les donnons !
Le logiciel en lui-même n’a aucune valeur sans celui qui le fait fonctionner. Le mode d’emploi, la méthodologie, si, a de la valeur. Et cette méthodologie n’est pas seulement celle du logiciel, elle est le combiné cohérent et harmonieux entre l’activité (l’entreprise) et ce logiciel.
Il est donc impératif, pour trouver l'outil adéquat de bien connaître l’activité dans lequel il sera déployé, et les collaborateurs qui l’utiliseront.
Notre travail consiste donc à aider l’entreprise à documenter et consolider sa méthode de travail, afin de pouvoir lui appliquer le meilleur outil, celui qui l’aidera vraiment dans ses tâches. Celles-ci doivent être définies très précisément. On ne trouvera les bons outils que si on sait précisément ce qu’il y a à faire.
Et des outils il y en a des milliers, pour n'importe quoi. Une jungle dans laquelle les non-initiés peuvent très facilement se perdre, se faire arnaquer, se tromper de chemin (d’outil), etc. Il existe des outils chers, gratuits, fiables, pérennes, sécurisés, qui se soucient des ressources et comment les économiser, qui respectent les normes de souveraineté européenne… et il y en d’autres qui n’ont aucune de ces qualités !
Ce sont pourtant des caractéristiques importantes à obtenir, et en plus, l'outil doit remplir trois missions qui nous sont chères, car elles préparent le monde de demain en garantissant la durabilité, c'est-à-dire l’évolution raisonnée des sociétés humaines vers un monde plus juste, en totale harmonie avec la nature.
L’organisation numérique des activités humaines doit garantir trois objectifs
Améliorer la rentabilité
Faire plus en moins de temps, et ainsi, moins travailler
Ce qui plombe une journée de travail, ce sont les fonctions répétitives ou pire, les heures passées à essayer de comprendre “comment ça marche”, par exemple les mises en équation d’un tableur excel ou simplement l’organisation automatique des e-mail par Google Mail.
On dit aujourd’hui qu’un assistant IA serait capable de s’occuper de tout ça, pour nous laisser réfléchir à des choses plus intéressantes. Très bien, mais on en revient au même : “comment ça marche !?”
Economiser des ressources
C’est notre cheval de bataille, le numérique peut permettre des économie d’énergie
On sait tous que l'IA consomme énormément de ressource, en eau notamment. Mais pense-t-on à des choses plus basiques et quotidiennes, comme ces e-mails qu’on imprime, ou même à ceux qu'on renvoie : un PDF peut être ainsi baladé de serveurs en serveurs une centaine de fois, et ça aussi ça coûte très cher en énergie. Le logiciel c’est comme la bagnole : il y a ceux de style SUV avec de gros moteurs et il y a les petites voitures électriques. Les deux servent à la même chose !
Optimiser le confort de travail
Ne pas attendre la retraite pour se sentir bien et profiter de son activité
Il faut optimiser c’est-à-dire travailler de manière plus rentable, mais en même temps il faut gagner en confort de travail. Éviter le stress, se consacrer à des tâches intéressantes, avoir la bonne solution à portée de main… et surtout travailler en bonne entente avec ses collègues, clients et fournisseurs. “tu t’es trompé dans tes calculs”, “je n’ai pas reçu ton e-mail”, “3 heures pour faire ça ?!”... autant de petites phrases qui piquent et qu’il n’est pas bon d’accumuler. Mettons la pression sur les systèmes et non sur les personnes !
Finalement,
Cette vision inhabituellement optimiste du futur est envisageable grâce aux efforts de tous. Ne pas voir la technologie et l’informatisation de nos vies comme une nouvelle forme de servitude, mais au contraire comme une chance de nous libérer. Mais effectivement, si on laisse le contrôle aux autres, que ce soit des machines (IA) ou des entrepreneurs sans vergogne, le monde pourrait basculer vers tout autre chose. Il en va donc de la responsabilité de chacun de s’intéresser à cette technologie, de la comprendre et de la dominer, pour pouvoir la contrôler et contrôler ainsi nos vies. Fabriquer un outil à sa mesure, apprendre à s’en servir, construire avec de belles choses est l'apanage du bon artisan. Soyons, grâce à nos outils informatiques, de bons artisans au service du Futur qui s’offre à nous.