Après [nous] le déluge

Les plus de 50 ans, on a rien compris à l'avenir. On a gaspillé en à peine 100 ans presque toutes les réserves de notre Terre. Et que les générations futures se débrouillent avec ce qu'il reste !
Après [nous] le déluge

ou le paradoxe des bonnes résolutions.

C'est qui nous ? Ce sont ceux qui ont l'eau courante et l'électricité, ceux qui commandent chez Amazon, ou encore ceux qui n'acceptent pas de travailler une année de plus pour aider leurs enfants à payer leurs retraites. A tous [ceux]-ci, il faut dire : "bon ben c'est fini..."

On en a bien profité, depuis la dernière guerre on a eu la belle vie, mais il reste peu de temps avant les signes avant-coureurs du vrai déclin, naturel et social. La Terre est épuisée, on ne va pas tarder à s'en rendre compte, vraiment.

Notre entreprise s'appelle Destino World et nous sommes des spécialistes du tourisme et de la technologie !

On a donc tout faux ! Notre activité s'inscrit parmi les plus délétères pour la planète. Nous sommes loin de la sobriété de ceux qui élèvent des chèvres et cultivent des patates bio. Une sobriété que bien peu d'habitants de notre chère planète pourront se permettre : on ne pourra pas tous retourner à la terre pour sauver la Terre. Il va bien falloir composer chacun avec ce qu'on a et avec ce qu'on sait faire. Alors ces sujets de transition écologique qui fâchent, il nous faut les prendre à bras le corps. Nous devons penser et appliquer des solutions de fond pour ces activités qui, loin de disparaitre, continueront à croitre. A nous, à eux, de maîtriser leur croissance et de bifurquer dans la bonne direction. On ne détruira rien de nos civilisations - j'espère -, on (s')orientera vers la durabilité.

Les plus de 50 ans, on a rien compris à l'avenir. On a gaspillé en à peine 100 ans presque toutes les réserves de notre Terre. Et que les générations futures se débrouillent avec ce qu'il reste !

Belle mentalité... C'est exagéré ? Lorsqu'on observe la jeunesse d'aujourd'hui, aussi mature que inquiète, la conclusion tombe sous le sens : Non seulement ce sera à eux de réparer les dégâts de nos insouciances, mais en plus ils devront trouver de vraies solutions aussi contraignantes que brutales. Pour autant, le moins qu'on puisse faire, c'est de leur donner les outils pour qu'ils puissent rectifier ce chemin du développement ; c'est aussi les accompagner en les conseillant de la meilleure manière qui soit, avec amour et sincérité.

L'avenir se joue au présent. Le sujet est hautement politique, seulement les gouvernants sont dans le moment présent et font du clientélisme.  Pourtant, toute décision politique prise aujourd'hui doit avoir comme objectif le futur du monde. La politique du temps long n'est pas populaire, tant pis, à nous d'appliquer ce qui nous paraît correct. Il en va de la vie de nos enfants.

Dans notre cas pour notre activité, concrètement, quelles seraient les pistes pour le futur du tourisme et de la technologie ?

Que serait le tourisme durable ? Que serait une technologie durable ? Quel point de départ pour commencer à rectifier l'économie actuelle ? 

Nous y réfléchissons depuis déjà un moment, de manière collégiale. Et petit à petit, guidé par notre expérience de qu'il faut prioriser ou au contraire de ce qu'il faut bannir, naissent quelques idées précises. Nous commençons à bifurquer...

D'abord le cadre de réflexion et de création : il est basé sur la coopérative.

Tous participent et sont responsables ; le capital reste dans l'organisation et appartient à tous.

  • Dans le tourisme, notre démarche est carrément à l'inverse de la logique actuelle de l'industrie : Ce sont ceux qui accueillent dans leur pays qui doivent contrôler le tourisme et en récupérer la plus grande part de bénéfice pour leur propre développement. On les appelle "réceptif". Ce sont les agences locales, garantes du respect de leur société et de la conservation du patrimoine de leur pays.
  • Dans la technologie, nous priorisons d'abord l'information et la formation. Tous, devons être conscient du monde virtuel du "tout numérique" qui  s'immisce dans nos vies pour en prendre le contrôle petit à petit, pillant au passage le peu de ressources naturelles restantes. On n'arrêtera pas le développement technologique, mais il existe des comportements vertueux à adopter. Ils ne sont ni simplistes, ni évidents comme on voudrait nous le faire croire. Nous souhaitons diffuser au maximum ces bonnes méthodes. Elles passent par les outils et comment les utiliser.

J'ai presque 60 ans, je suis de la génération des pilleurs, je fais de mon mieux pour rectifier le tir, mais c'est maintenant aux plus jeunes de prendre en main le sort du monde. C'est le leur, il leur appartient de prendre les décisions. Elles seront forcément plus efficaces, plus drastiques de ce que nous serions capables de faire. Car les plus jeunes n'ont rien à perdre, contrairement à nous.

J'ai deux filles dans la 20aine et dans la 30aine, et j'ai aussi deux petits enfants de moins de 10 ans. Ensemble, toute cette génération devra s'atteler au travail. J'ai pour ma part commencé quelque chose, à eux de le faire évoluer. J'invite ici toute ma génération à se joindre à la nouvelle génération pour les aider. Les forces intergénérationnelles pourront venir à bout du défi du futur, si tout le monde reste dans son rôle. Le nôtre, celui des plus vieux, n'est plus de commander. Nous restons en marge pour donner des conseils, pour aider financièrement et surtout pour accepter les changements, les ruptures et les nouveautés qui sortiront de leur imagination. Dans tous les cas, ce n'est plus à nous de prendre les décisions, nous avons eu notre chance.

A ce propos, encore un dernier petit message, à l'intention des entreprises confortablement installées dans l'économie actuelle : Le cadre va changer irrémédiablement, que vous le vouliez ou non. Peut-être pas l'année prochaine, mais dans dix ans, ce sera fait. Et au lieu de s'y prendre maintenant, de commencer à faire des efforts pour s'adapter, si on ne change rien, deux scénarios s'offriront à nous. Le premier : tout s'effondre, plus de matière première (comme l'eau), plus de croissance (telle qu'on la conçoit encore aujourd'hui). Pour avoir continuer à gaspiller, pour ne pas avoir su prendre le virage au bon moment nous vivrons, ou pire, ferons vivre aux futures générations, un vrai déclin. Le second scénario, le moins pire : les jeunes générations entrent en conflit avec les vieilles. Elles imposent à la force de nouvelles méthodes, une nouvelle économie, basée sur la responsabilité de tous et sur la conscience du vivant.

Pour ma part, j'ai choisi mon camp et ma stratégie, j'aiderai les nouvelles générations à construire leur monde.

Pour aller plus loin

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Un profond respect pour son courage et sa dévotion.